Cinq IA, une même question, presque aucune source en commun
Relevé du 25 août 2026 sur « consultant SEO » à Bordeaux, Paris et Lyon : 58 domaines cités, et deux moteurs jamais d'accord sur plus de 20 % de leurs sources.
Par Thomas Merlaud, consultant SEO et GEO
, 6 minutes de lecture
Le 25 août 2026, la même question a été posée à cinq moteurs de réponse : « consultant SEO à Bordeaux », puis à Paris, puis à Lyon. Quinze réponses, 96 citations, 58 domaines distincts.
Le résultat n’est pas celui qu’on attend. Les cinq moteurs ne citent pas les mêmes sites. Ils ne citent presque jamais les mêmes sites.
Les cinq moteurs sont-ils d’accord entre eux ?
Non. Voici le recouvrement entre chaque paire de moteurs, calculé sur les trois questions réunies : le nombre de domaines cités par les deux, rapporté au nombre total de domaines qu’ils citent ensemble.
| Paire de moteurs | Recouvrement | Domaines communs |
|---|---|---|
| AI Overviews / Gemini | 20,0 % | 5 sur 25 |
| Perplexity / Gemini | 19,4 % | 6 sur 31 |
| Perplexity / AI Overviews | 15,4 % | 6 sur 39 |
| AI Overviews / Claude | 14,7 % | 5 sur 34 |
| Perplexity / Claude | 12,2 % | 5 sur 41 |
| Gemini / Claude | 10,7 % | 3 sur 28 |
| ChatGPT / Perplexity | 9,5 % | 4 sur 42 |
| ChatGPT / Claude | 5,3 % | 2 sur 38 |
| ChatGPT / Gemini | 3,3 % | 1 sur 30 |
| ChatGPT / AI Overviews | 2,6 % | 1 sur 38 |
Le meilleur accord entre deux moteurs plafonne à un cinquième de leurs sources. Le pire, entre ChatGPT et les AI Overviews de Google, tient en un seul domaine partagé sur trente-huit.
ChatGPT est le plus isolé des cinq. Il occupe les quatre dernières lignes du tableau. Sur Bordeaux, ses dix sources n’ont qu’un site en commun avec les quatre autres moteurs réunis.
Sur les 70 couples domaine-ville relevés, 53 n’apparaissent que sur un seul moteur. Trois quarts des sites cités le sont par un moteur et un seul.
Combien de sources un moteur cite-t-il ?
Pas le même nombre, et l’écart va du simple au double.
| Moteur | Domaines cités sur les trois questions |
|---|---|
| Perplexity | 26 |
| ChatGPT | 20 |
| Claude | 20 |
| AI Overviews | 19 |
| Gemini | 11 |
Gemini cite deux fois moins de sources que Perplexity sur le même corpus. À contenu égal, une entreprise a mécaniquement moins de chances d’apparaître chez le premier que chez le second. Ce n’est pas une question de mérite éditorial, c’est une question de places disponibles.
Y a-t-il des sites cités partout ?
Un seul, sur une seule ville : hugodomeur.com, cité par les cinq moteurs sur « consultant SEO à Lyon ». C’est le seul cas de couverture complète des trois villes et des cinq plateformes.
Deux sites reviennent dans les trois villes, sans jamais faire l’unanimité sur aucune : mama-seo.fr et florian-roger.com. Les deux tiennent une page par ville. Six autres apparaissent dans deux villes sur trois, dont stephanedelgado.fr, paulvengeons.fr et eskimoz.fr.
C’est l’observation la plus utile du relevé pour qui travaille son référencement local : les sites qui remontent dans plusieurs villes sont ceux qui ont écrit une page par ville. Le cluster de pages locales, technique ancienne du référencement classique, produit le même effet sur les moteurs de réponse.
Les trois villes se ressemblent-elles ?
Non plus.
| Ville | Domaines cités | Cités par un seul moteur | Plus cité |
|---|---|---|---|
| Bordeaux | 28 | 20 | 4 sites à 3 moteurs sur 5 |
| Paris | 18 | 13 | 2 sites à 3 moteurs sur 5 |
| Lyon | 24 | 20 | 1 site à 5 moteurs sur 5 |
Bordeaux est le champ le plus dispersé. Vingt-huit sites cités, aucun au-delà de trois moteurs. Aucune position n’y est acquise.
Paris réserve la surprise. Sur le marché du référencement le plus concurrentiel de France, ce sont des consultants indépendants qui dominent les réponses, pas les agences. Une seule agence nationale revient sur deux moteurs. On aurait parié l’inverse.
Lyon montre les deux extrêmes. Une position que rien ne conteste, et vingt sites qui n’apparaissent que sur un moteur.
Chaque ville a sa page, avec le détail de son relevé et les sources citées : Bordeaux, Paris et Lyon.
Que faut-il en conclure pour son entreprise ?
« Être cité par les IA » ne veut rien dire. Tant qu’on ne précise pas par lequel des cinq, l’affirmation ne se vérifie pas. Un outil qui annonce un score global de visibilité IA agrège des mesures que ce relevé montre incompatibles entre elles.
Un relevé unique ne prouve rien non plus. Ces chiffres décrivent un jour, une formulation et une configuration de compte. Ils valent comme point de départ, pas comme vérité. C’est au deuxième passage, sur le même corpus, que l’écart devient lisible.
Le travail qui sert les cinq est le même. Aucun réglage ne cible un moteur en particulier. Ce qui les nourrit tous, ce sont des pages qui répondent à une question précise, une entité cohérente d’une source à l’autre, et des sites tiers qui vous mentionnent. C’est l’objet du travail de GEO, et il ne se sépare pas du référencement naturel.
Comment ce relevé a été fait
La méthode est publiée dans Savoir si ChatGPT parle de votre entreprise, et l’outil qui la met en œuvre est en accès libre sous licence MIT.
Trois questions, cinq plateformes, quinze réponses relevées à la main le 25 août 2026. Un compte dédié à la mesure, mémoire et personnalisation désactivées, une conversation neuve par question. Les sources citées ont été notées telles qu’elles apparaissaient, puis ramenées au domaine.
Trois limites, qu’il vaut mieux nommer que se voir opposer.
Le relevé est manuel. Interroger les modèles par API mesurerait autre chose que ce que voit un prospect : ni la même recherche web associée, ni les mêmes sources, et aucune API ne renvoie une AI Overview.
La configuration du compte pèse sur le résultat. Une session déconnectée prive parfois le modèle de sa recherche web, et fait tomber un taux de citation réel à zéro. Un compte ordinaire, à l’inverse, oriente les réponses vers l’historique de celui qui mesure. Le compte dédié est un compromis, pas une vérité.
Un passage par question. Les modèles introduisent une part d’aléatoire. Sur trois questions, la tendance se lit ; sur une seule, elle ne se lirait pas.
Et Kerith dans tout ça ?
Absent. Zéro citation sur les quinze réponses, sur les trois villes, sur les cinq moteurs.
C’est attendu pour un site de trois semaines sans lien entrant, et c’est publié tel quel parce que c’est le point de départ dont le prochain relevé mesurera l’écart. Un relevé qui ne dirait que les bonnes nouvelles ne servirait à rien, à commencer pour celui qui le publie.
Ce protocole est la première étape de toute mission GEO chez Kerith, et se commande seul : le relevé de citations l’applique à un corpus construit pour votre métier. Si vous préférez décrire votre situation d’abord, écrivez.
Sources
- GEO
- Mesure
Questions fréquentes : Cinq IA, une même question, presque aucune source en commun
Est-on cité de la même façon par ChatGPT et par Google ?
Non, et l'écart est considérable. Sur ce relevé, ChatGPT et les AI Overviews n'ont qu'un domaine en commun sur trente-huit cités, soit 2,6 %. Une entreprise peut être une référence pour l'un et rester absente de l'autre, sans que rien sur son site n'explique la différence.
Combien de sources un moteur de réponse cite-t-il ?
Entre trois et dix par réponse selon le moteur, sur ce relevé. Perplexity en cite le plus, avec 26 sources sur trois questions. Gemini en cite le moins, avec 11. Cette différence de volume change à elle seule la probabilité d'apparaître.
Faut-il viser un moteur en particulier ?
Celui que vos clients utilisent, s'il se distingue. À défaut, le travail qui sert les cinq est le même : des pages qui répondent à une question précise, une entité cohérente sur le web, et des sources tierces qui vous citent. Aucun réglage ne cible un moteur seul.
Ce relevé est-il reproductible ?
Oui. La question, la date, les conditions et les cinq plateformes sont publiées, et l'outil qui tient le corpus et calcule les parts est en accès libre sous licence MIT. Un relevé mené autrement donnera d'autres chiffres : c'est la raison pour laquelle les conditions sont écrites.