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Kerith

Maillage interne : mesurer le sien avant d'ajouter des liens

La plupart des sites n'ont que leur menu et leur pied de page. Comment mesurer son maillage interne réel sans outil payant, et par où le corriger.

Par Thomas Merlaud, consultant SEO et GEO

, 6 minutes de lecture

La plupart des sites croient avoir un maillage interne. Ils ont un menu et un pied de page. Ce n’est pas la même chose, et la différence se mesure en quelques minutes.

Google découvre l’essentiel des pages qu’il indexe en suivant des liens. Mais tous les liens ne portent pas la même information : un lien présent sur les quarante pages d’un site ne dit rien de la page vers laquelle il pointe, puisqu’il pointe depuis partout. Seuls les liens posés dans le corps d’un texte expriment qu’une page en éclaire une autre.

Cet article décrit comment mesurer son maillage réel sans outil payant, ce que la mesure révèle, et les quatre règles qui décident où poser un lien.

Pourquoi compter les liens sortants ne mesure rien ?

Un audit qui compte les liens sortants par page arrive presque toujours au même chiffre, à une unité près. C’est normal : il compte le menu, le pied de page et le fil d’Ariane, identiques partout.

Ce comptage produit un nombre rassurant et une information nulle. Il ne distingue pas la page qui doit se positionner de la page de mentions légales. Il ne repère pas les pages qu’aucun texte ne cite. Il ne dit rien de la circulation réelle à l’intérieur du site.

La mesure utile répond à une seule question : combien de pages parlent de cette page, et depuis leur corps de texte ?

Comment mesurer le maillage réellement servi ?

1. Partir du site construit

Le HTML réellement servi est la seule source exacte. Le code source d’un gabarit ne dit pas ce qu’une boucle a produit, et une page peut porter des liens conditionnels qui n’apparaissent que dans certains cas.

Sur un site statique, le dossier de sortie contient tout. Sur un site dynamique, un crawl local ou l’enregistrement des pages depuis le navigateur donnent le même résultat.

2. Retirer les zones répétées

C’est l’étape que les outils gratuits sautent, et c’est elle qui fait toute la différence. Avant de compter, il faut supprimer de chaque fichier les blocs header, nav et footer. Ce qui reste est le corps de la page, c’est-à-dire l’endroit où un lien exprime une intention éditoriale.

3. Compter les liens entrants par destination

L’unité de mesure n’est pas le lien sortant mais le lien entrant : pour chaque page du site, combien d’autres pages la citent dans leur texte. C’est cette colonne qui révèle la hiérarchie réelle, celle que le site exprime par ses liens plutôt que par son menu.

Le principe tient en quelques lignes, quel que soit le langage : parcourir les fichiers, retirer les zones répétées, relever les liens internes restants, et les additionner par destination.

4. Lire le résultat

Trois lectures, dans cet ordre.

Les pages à zéro lien entrant. Ce sont les pages orphelines. Si l’une d’elles est stratégique, c’est le problème le plus urgent du site.

L’écart entre les pages stratégiques et les autres. Les pages qui doivent se positionner devraient recevoir nettement plus de liens que les pages légales. Un site où les mentions légales sont mieux liées que la page de service exprime l’inverse de sa stratégie commerciale.

Les textes de lien. Google indique que le texte de lien renseigne les utilisateurs et le moteur sur la page visée. Un même texte répété partout, ou un « en savoir plus » générique, gaspille cette information.

Qu’a donné la mesure sur ce site ?

Kerith a mené cet audit sur son propre site en août 2026, avant sa mise en ligne. Le résultat était sans appel.

Mesure Avant correction Après
Liens par page 12, identiques partout 12 + contextuels
Origine de ces liens Menu et pied de page, à 100 % Menu, pied de page et corps de texte
Liens contextuels entrants, page GEO 0 6
Liens contextuels entrants, page consultant SEO 0 5
Articles atteignables autrement que par la liste du blog 0 tous

Le site comptait douze liens par page, chiffre parfaitement stable d’une page à l’autre. C’était le menu et le pied de page, rien d’autre. Aucune page n’était citée dans le corps d’une autre.

Le cas des articles était le plus net. Ils n’étaient atteignables que depuis la liste du blog, où chaque nouvelle publication repousse les précédentes vers le bas. Un article publié aujourd’hui devient inaccessible en pratique dans six mois, alors même qu’il reste dans le sitemap et qu’il répond parfaitement à une requête.

La correction a consisté à faire renvoyer chaque page de service vers les articles qui la prolongent, et chaque article vers la page de service qu’il éclaire. Aucun contenu n’a été ajouté : seuls les liens ont changé.

Où poser un lien interne ?

Un lien se pose là où le lecteur se pose la question. Pas en fin d’article dans un bloc « articles similaires », mais dans la phrase où le sujet apparaît. C’est aussi ce qui rend le lien utile plutôt que décoratif.

Le texte du lien décrit la destination. « La méthode de relevé, étape par étape » renseigne. « Cliquez ici » ne renseigne pas. Le texte de lien est l’une des rares descriptions d’une page écrite par quelqu’un d’autre qu’elle-même.

Les pages stratégiques reçoivent, les pages de détail émettent. Un article de blog renvoie vers la page de service, jamais l’inverse en priorité. L’article capte une requête précise, la page de service convertit : la circulation doit aller dans ce sens.

Toute page publiée reçoit au moins un lien contextuel le jour de sa publication. C’est la règle qui évite de reconstituer un stock d’orphelines. Une page qui n’a rien à quoi se rattacher pose une question sur son utilité.

Quelles erreurs de maillage coûtent le plus ?

Confondre volume et structure. Ajouter des liens partout ne remplace pas une hiérarchie. Vingt liens contextuels répartis au hasard valent moins que cinq liens qui expriment une organisation.

Laisser les articles ne dépendre que de la liste du blog. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus silencieuse : rien ne casse, les pages restent accessibles, elles cessent simplement d’être désignées.

Rendre les liens dépendants du JavaScript. Google demande des liens explorables, c’est-à-dire des balises avec un attribut href. Un élément rendu cliquable par un script n’est pas un lien.

Répéter le même texte de lien vers des pages différentes. Trois liens intitulés « nos services » pointant vers trois pages distinctes annulent l’information que chacun aurait pu porter.

Auditer le maillage sans exclure les zones répétées. L’erreur méthodologique qui produit un rapport rassurant et faux. Elle mérite d’être citée en dernier parce qu’elle empêche de voir toutes les autres.

Par où commencer un maillage interne ?

  1. Mesurer avant de corriger. Un audit de maillage prend moins d’une heure et ne coûte rien.
  2. Traiter d’abord les orphelines stratégiques, celles qui doivent se positionner et que rien ne cite.
  3. Poser un lien contextuel vers chaque nouvelle page le jour de sa publication, pour ne pas reconstituer le stock.

Le maillage interne est l’un des quatre leviers d’une mission de référencement naturel, et le seul qui ne dépende de personne d’autre que vous : il ne demande ni budget publicitaire, ni accord d’un site tiers. Si vous ignorez ce que votre maillage exprime aujourd’hui, décrivez votre situation : cette mesure fait partie de tout audit, et la réponse arrive sous 48 heures ouvrées.

Deux articles complètent celui-ci : la cannibalisation SEO, qui traite du cas où deux pages se disputent la même requête, et le plan de correspondance d’une refonte, où le maillage se reconstruit entièrement.

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Questions fréquentes : Maillage interne : mesurer le sien avant d'ajouter des liens

Comment auditer son maillage interne sans outil payant ?

En parcourant les pages du site construit, en retirant l'en-tête, la navigation et le pied de page de chaque fichier, puis en comptant les liens restants par page de destination. Une trentaine de lignes de script suffisent, et le résultat est exact puisqu'il porte sur le HTML réellement servi.

Combien de liens internes par page faut-il ?

Il n'existe pas de nombre cible. Ce qui compte est que chaque page importante reçoive plusieurs liens contextuels depuis des pages thématiquement proches, et qu'aucune page utile ne dépende d'une seule liste pour être atteinte.

Les liens du menu comptent-ils dans le maillage ?

Ils servent à l'exploration mais ne hiérarchisent rien. Présents sur toutes les pages, ils traitent la page contact et la page stratégique à égalité. Seuls les liens contextuels expriment qu'une page en éclaire une autre.

Qu'est-ce qu'une page orpheline ?

Une page qu'aucun lien interne ne désigne, ou qui n'est atteignable que depuis une liste où elle descend au fil des publications. Un article vieux d'un an, en page trois du blog, est orphelin en pratique même s'il figure dans le sitemap.

Quel texte de lien utiliser ?

Un texte qui décrit la page de destination. Google indique que le texte de lien renseigne les utilisateurs et le moteur sur la page visée. « Cliquez ici » et « en savoir plus » ne renseignent ni l'un ni l'autre.

Un doute sur votre visibilité ?

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